Planning familial: une solution à la surpopulation burundaise ?

Léon Masengo et Rachel Mukandayisenga

Les bouches à nourrir deviennent de plus en plus nombreuses et la terre de plus en plus petite au Burundi. La situation crée des problèmes fonciers. Les femmes et les pouvoirs publics prennent tardivement conscience de la nécessité d’une politique sur la natalité.

les femmes dans la salle d'attente

Il est dix heures et demie, plusieurs dizaines de femmes se bousculent dans une petite salle d’accueil avant d’être reçues à l’Association Burundaise pour le bien–être familial (ABUBEF) à Bujumbura. La plupart de ces femmes sont de jeunes mamans avec cinq ou six enfants.

Léocadie Nduwayo

A 26 ans Nduwayo Leocadie a déjà cinq enfants. Elle est membre du programme planning familial depuis une année et demi mois. « J’ai pris beaucoup de temps pour me décider mais au cinquième enfant j’ai constaté que le manque de propriété et la pauvreté m’obligeait à arrêter ’’, dit elle d’une manière pensive. Son mari est agriculteur. Souvent il est oblige de travailler pour d’autres afin de faire vivre sa famille.

Au service de la population depuis 20 ans

Aline Ndayikeza directrice a i de l'ABUBEF

L’ABUBEF a été fondée en 1992. Le personnel et l’approvisionnement en stock sont pris en charge par le ministère de la Sante Publique. Selon les statistiques, le centre reçoit 100 femmes qui se renseignent chaque jour sur le planning familial et les méthodes contraceptives. ‘’La population n’est plus un avantages dans un pays aux ressources limitées’’, explique Aline Ndayikeza, la directrice de l’ABUBEF.

Avec une superficie de 28000 km² et une population qui avoisinerait les neuf millions, selon les dernières estimations officielles, le Burundi est l’un des pays en Afrique les plus menacés par la pression démographique. Le pays n’a pas la tradition des statistiques mais les chiffres de 0.5 hectares et cinq enfants par ménage apparaissent dans plusieurs documents dont ceux de l’institut des statistiques du Burundi qui n’ont pas été actualisés depuis de nombreuses années.

L’ABUBEF n’est pas connue de toutes les femmes

vyette Nshimirimana

A quelques kilomètres du centre, Yvette Nshimirimana avec son bébé sur le dos attend des carottes et des petit pois qu’elle achète et qu’elle revend pour faire vivre sa famille. Chaque jour, elle vient de son quartier populaire au sud de la capitale à l’ endroit communément appelé ‘’CHEZ DIMITRI’’ pour son petit commerce, le bébé toujours avec elle. A 25 ans elle a cinq enfants. Le mari sans emploi, la famille sans propriété, elle raconte que ce n’est pas facile de nourrir les enfants. « Mes voisins qui ont peu d’enfants mènent une belle vie », dit- elle d’une voix triste. « J’ai entendu parler du programme planning familial », ajoute-t-elle. Yvette Nduwayo souhaite visiter un jour l’ABUBEF mais jusqu’à maintenant elle ne s’est jamais renseignée.

L’absence d’une politique claire sur la natalité

Dieudonné Nduwayo secrétaire communal

Dans son modeste bureau sans ordinateur, très peu de livres et de documents, Dieudonné Nduwayo, le secrétaire de la commune Bwiza où est implanté l’ABUBEF, reconnaît que la surpopulation est un réel problème dans sa commune. ‘’ Plus de 80% des affaires enregistreés au tribunal concernent le foncier. Il s’agit soit du mauvais partage des frais de location des maisons entre frères, soit entre ceux qui veulent vendre et ceux qui s’y opposent.’’ Il explique qu’il est pour une loi sur la limitation des naissances : ‘’J’estime que le nombre d’enfants ne devrait pas dépasser trois par ménage’’.

L’ Eglise, un obstacle au planning familial

L’adhésion au programme de planning familial est aujourd’hui volontaire. Et souvent les promoteurs se heurtent aux enseignements du Vatican. Le Fonds des Nations Unies pour la Population a affirmé en 2009 dans un rapport que l’église catholique constitue un grand obstacle au planning familial. Environ 60 pour cent des Burundais sont catholiques, selon plusieurs écrits sur le Burundi Par exemple en 2010 le célèbre charismatique catholique Jean Plia est passé au Burundi pour des enseignements publics. Plia est un des adversaires les plus strictes des contraceptifs. « Apres, le centre ABUBEF a enregistré beaucoup de demandes d’enlèvement des dispositifs de contraceptions artificielles », raconte la directrice Aline Ndayikeza : « Ces femmes disaient avoir été convaincues par les enseignements du charismatique Jean Plia qui qualifie de pêché l’usage de contraceptifs artificiels. »

contacts avec l’ABUBEF:

Tel :+257232936 ou 25722248472

Fax +25722233435

e-mail:abubef@cnbinf.com


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2 commentaires pour Planning familial: une solution à la surpopulation burundaise ?

  1. Claude dit :

    L’article est super!
    Il traite d’une facon profesionannelle le sujet qui est d’actaulaite aussi bien Burundi qu’au Rwanda. Il est ecrit d’une maniere qui invite le lecteur a connaitre la suite et l’invite a prendre une action vis a vis de ce sujet!

  2. niyonzima dit :

    gerageza turabashigikiye, niho ibibazo vy’amatongo vyogabanuka

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